Chaque pièce est une esquisse, une image éphémère capturée en musique. J'ai voulu peindre des instants suspendus, des émotions fugaces qui laissent une trace indélébile dans le cœur de l'auditeur.
Face aux dissonances du monde, j'ai cherché l'harmonie comme un acte de résistance. Ce programme juxtapose des œuvres qui, chacune à leur manière, défient les conventions pour mieux réinventer la beauté sonore.
En plongeant dans les textures sonores, j'ai exploré la substance même de la musique. Ce concert est une quête des éléments fondamentaux, où chaque timbre révèle la densité et la richesse de la matière musicale.
« Qu’emporteriez-vous si la maison brûlait ? Le feu ! » lança jadis Jean Cocteau. Se frotter à Scriabine, c’est éprouver ce feu, un orchestre qui consume tout, répand ses langueurs et sa sensualité torrentielle ; le titre de « poème orgiaque » fut un temps envisagé pour cette symphonie où rodent sexe et mysticisme – à moins qu’ils ne soient qu’un seul ? Quelle distance musicale parcourue, depuis les voyages du Peer Gynt d’Ibsen et Grieg et le numéro de haute voltige adressé par Wienawski à son soliste dans son Second Concerto pour violon !